Se déplacer à Marrakech
La médina se fait à pied, le reste en petit taxi. Ce qui change tout, ce n'est pas la distance : c'est le quartier où vous dormez.

À Marrakech, on marche dans la médina et on prend un petit taxi pour tout le reste. Le facteur décisif n'est pas la distance, c'est le quartier où vous dormez : un riad en médina veut dire que le taxi vous laisse à l'entrée du derb et que vous finissez à pied, bagages à la main. Guéliz et Hivernage se font en porte-à-porte. La Palmeraie impose un taxi à chaque sortie.
Où vous dormez décide comment vous circulez
Avant de comparer les taxis et les bus, regardez votre réservation. Marrakech n'offre pas le même accès selon les quartiers, et c'est ce qui donne son rythme à chaque journée.
Tout part de la médina, la vieille ville enfermée dans ses remparts, fermée à la circulation automobile. Le taxi s'arrête à la porte des remparts ou à l'entrée du derb, et vous terminez à pied, bagages à la main. Guéliz est le quartier moderne, avenues larges et trottoirs, pensé pour la voiture. On y est déposé devant l'entrée de l'hôtel, on rentre à minuit sans avoir rien anticipé. Hivernage, sa voisine hôtelière, fonctionne pareil en plus calme. Les deux se font en porte-à-porte, taxi ou voiture. La Palmeraie, elle, est une zone de villas et de resorts posée hors du centre : chaque sortie demande un taxi, dîner compris, donc un aller-retour à prévoir tous les soirs.
Choisir son quartier revient donc à choisir son mode de déplacement, avant même de réserver. Rien de tout cela ne figure sur la fiche de l'hébergement. C'est pourtant la seule décision de transport qui compte.
La médina se fait à pied, bagages compris
Un derb est une ruelle de la vieille ville, trop étroite pour qu'une voiture y entre. C'est la règle qui organise tout le reste : votre taxi vous dépose à la porte des remparts la plus proche ou à l'entrée du derb, jamais devant la porte de votre hébergement. Les riads de la médina, ces maisons traditionnelles organisées autour d'un patio, sont presque tous au bout d'une ruelle piétonne. Le dernier tronçon se fait à pied, sur un pavage irrégulier où une valise à roulettes se traîne plus qu'elle ne roule.
Rien de dramatique là-dedans, mais c'est à savoir avant de partir. Trois réflexes suffisent : demandez à votre hébergement l'adresse exacte et un point de rendez-vous précis, demandez s'il envoie quelqu'un vous chercher avec une charrette pour les bagages (beaucoup le font sur simple message), et arrangez-vous pour arriver de jour la première fois. Tous les derbs se ressemblent à 23 h, avec une valise dans une main et un téléphone en fin de batterie dans l'autre.
Le reste du séjour, vous marcherez. La vieille ville est faite pour ça. Jemaa el-Fna sert à la fois de repère et de point de dépose, la place étant fermée aux voitures sur une partie de la journée. La plupart des riads tiennent à faible distance d'une porte des remparts.
Petits taxis, grands taxis, et l'histoire du compteur
Deux catégories, deux usages, et beaucoup de malentendus. Le petit taxi circule à l'intérieur de la ville : c'est celui que vous prendrez pour aller de la médina à Guéliz ou pour rentrer d'un restaurant. Il est équipé d'un compteur, le taximètre qui calcule la course, et c'est là que se joue la partie. Certains chauffeurs ne l'enclenchent pas et annoncent un forfait, forcément plus élevé. Demandez le compteur avant de démarrer. S'il refuse, fixez le prix avant de monter, ou laissez passer et prenez le suivant. Il y en a beaucoup.
Le grand taxi, souvent une vieille berline, a le droit de quitter l'agglomération et n'a pas de compteur. C'est le véhicule des excursions : l'Atlas, Essaouira, une journée dans le désert d'Agafay. Le prix se négocie avant le départ, temps d'attente et retour compris, et se confirme à voix haute devant tout le monde plutôt que par SMS.
Et la majoration de nuit est légale. Le montant qui grimpe après le coucher du soleil n'est pas une invention du chauffeur, c'est le tarif. Ça évite des disputes à l'arrivée.
De l'aéroport Ménara à votre porte
L'aéroport Ménara est proche de la ville, et c'est précisément ce qui trompe. La difficulté du transfert n'est pas la distance, c'est le dernier tronçon jusqu'à votre porte. Un hôtel à Guéliz ou à Hivernage, c'est une course de taxi et on vous dépose devant l'entrée. Un riad en médina, c'est une course jusqu'à une porte des remparts, puis une marche dans un dédale que vous découvrez, de nuit peut-être, avec deux valises.
D'où la règle : le prix se fixe avant de monter, ou se prépaie. Un transfert commandé à l'avance par votre hébergement supprime la négociation à l'arrivée et, en médina, inclut le plus souvent quelqu'un qui vous accompagne à pied jusqu'à la porte du riad. C'est le seul moment du séjour où payer un peu plus se justifie.
Une navette de bus relie aussi l'aéroport au centre-ville. Elle dépanne si vous voyagez léger et que vous dormez du côté de Guéliz. Avec des bagages et une adresse en médina, elle vous laisse à mi-chemin du problème. Quant aux tarifs affichés en ligne, ils divergent d'une source à l'autre et vieillissent vite : fiez-vous au prix que vous fixez avant de monter, pas à celui que vous avez lu.
Calèche, voiture de location, bus : ce qui sert vraiment
La calèche est une promenade tarifée, pas un moyen de transport. On la prend pour faire le tour des remparts en fin d'après-midi, pas pour arriver à l'heure quelque part. Des tarifs officiels existent, et le montant demandé aux visiteurs est souvent supérieur : convenez du prix et de la durée avant de monter, et dites d'emblée que vous ne voulez pas d'arrêt devant une boutique. Ces arrêts font partie du parcours habituel, ils ne sont pas une attention.
La location de voiture ne se justifie que pour sortir de Marrakech : Essaouira, la vallée de l'Ourika, les villages de l'Atlas. Dans la ville même, elle vous encombre. Si vous dormez en médina, elle devient contre-productive, puisque vous ne pouvez pas approcher votre riad : il faut trouver un stationnement gardé, souvent complet, payer le gardien, puis finir à pied. Ajoutez la franchise que les loueurs bloquent sur votre carte pendant toute la durée de la location.
Le bus urbain, lui, est bon marché et couvre une trentaine de lignes, tickets à bord. Il rend service si vous logez à Guéliz et que vous circulez léger, beaucoup moins avec des bagages ou tard le soir. Pour un séjour de trois à cinq jours, le trio marche, petit taxi et transfert aéroport suffit.
Questions fréquentes
- Quel est le meilleur moyen de se déplacer à Marrakech ?
- La marche dans la médina, le petit taxi pour tout le reste. La vieille ville ne se parcourt pas autrement qu'à pied, et le taxi couvre le reste de la ville. Le bus dépanne, la voiture encombre.
- Peut-on aller en taxi jusqu'à la porte de son riad ?
- Rarement. Les derbs sont trop étroits pour une voiture : le taxi vous laisse à la porte des remparts ou à l'entrée de la ruelle, et vous terminez à pied. Demandez à votre riad d'envoyer quelqu'un pour les bagages.
- Faut-il négocier le prix d'un taxi à Marrakech ?
- En petit taxi, demandez que le compteur soit enclenché. Si le chauffeur refuse, fixez le prix avant de monter plutôt qu'à l'arrivée. En grand taxi, il n'y a pas de compteur : le prix se négocie toujours avant le départ.
- La calèche est-elle utile pour se déplacer ?
- Non, c'est une balade tarifée, agréable en fin de journée mais inefficace pour rejoindre un point précis. Convenez du prix et de la durée avant de monter, et refusez les arrêts-boutiques.
- Faut-il louer une voiture pour un séjour à Marrakech ?
- Seulement si vous prévoyez des excursions hors de la ville. Pour la ville seule, et surtout depuis un hébergement en médina, la voiture coûte du stationnement et du temps sans rien vous faire gagner.























